INCROYABLE DESTIN DE LOUISETTE FABIANI – 96 ANS – DE LA LIBERATION A LA TETE DE L’UNC
« On crevait de faim » : au Rouret, l’incroyable destin de Louisette Fabiani, 96 ans, de la Libération à la tête de l’Union nationale des combattants
Figure emblématique du Rouret, Louisette Fabiani, 96 ans, incarne la mémoire historique de la commune. De la faim sous l’occupation allemande à son rôle de pionnière à la tête de l’Union nationale des combattants (UNC), celle qui fut aussi engagée en Algérie livre un témoignage rare. Portrait d’une femme de tête qui continue d’honorer le devoir de mémoire lors de chaque cérémonie patriotique.
LR Fabienne Bongiovanni CRÉÉ LE 14 mars 2026 • 04:50
Dans le village, son mètre cinquante et son regard vif sont indissociables des commémorations. Après avoir présidé la section locale de l’Union nationale des combattants (UNC) pendant près de trente ans, Louisette Fabiani en est aujourd’hui la présidente d’honneur.
Ancienne engagée du secteur médico-social en Algérie et dans la coopération internationale, elle reste la mémoire vive de la commune. Entre souvenirs de l’Occupation et responsabilités associatives au milieu des hommes, elle se confie.
Quels sont vos plus anciens souvenirs au Rouret ?
Je suis née à Grasse en 1930, j’ai été élevée en Corse puis je suis revenue au Rouret en 1942. Mes souvenirs remontent à la Seconde Guerre mondiale : les troupes allemandes avaient installé leur campement sur la place des Platanes. Nous, les enfants, nous les regardions de loin, surtout leur cantine roulante. On sentait les effluves de leur cuisine et des frites qu’ils mangeaient. Nos parents nous avaient interdit d’en demander, mais nous en avions l’eau à la bouche car nous crevions de faim.
Le climat était particulier à l’école…
Notre instituteur, René Dardaillon, était un maquisard, un résistant. Un jour, deux filles de l’école ont entendu leur mère — qui était agent double à la Kommandantur — parler du projet d’arrêter le maître d’école. Les gamines sont allées le prévenir à temps. Le jour de la Libération, ils ont attrapé la mère pour la tondre, mais les maquisards se sont interposés pour rétablir les faits.
Votre carrière professionnelle a ensuite été marquée par l’engagement militaire…
Oui, je suis partie à Constantine pour travailler dans l’état-major interarmées durant la guerre d’Algérie, de 1957 à 1963. Nous étions des équipes itinérantes pour venir en aide à la population dans le domaine médical et social. Nous procédions aux soins et aux vaccinations. En 1962, j’ai intégré l’hôpital de Constantine, puis je suis revenue en 1963. Je suis aussitôt repartie avec la coopération gouvernementale, toujours en paramilitaire, en Algérie, au Niger, au Portugal ou en Inde. Je suis revenue définitivement en France en 1969.
Pourquoi avoir accepté la présidence de l’UNC ? Ce n’était pas commun pour une femme à l’époque.
J’ai été présidente de 1990 à 2019. J’ai protesté au départ, mais à la direction départementale de l’UNC, on m’a dit : « Tu seras présidente, un point c’est tout. » C’était quelque chose de présider et de « supporter » plus de 80 bonshommes ! Ce n’était pas toujours facile, mais j’ai du caractère.
Quel est votre rôle aujourd’hui au sein de l’association ?
C’est Christian Dubois qui a pris les rênes depuis 2019. Le nouveau président, très vertueux, m’a laissé une belle place dans l’association. Je suis présidente d’honneur. Je participe toujours aux cérémonies patriotiques avec plaisir et par devoir.
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