INFOS MILITAIRES DU 24 NOVEMBRE 2025
Ces 10 armées qui décident du sort du monde : la hiérarchie militaire 2025 révélée
D’ici 2025, les forces militaires mondiales évoluent rapidement.
par Antoine Renaud
Dans un monde où la force militaire compte beaucoup pour définir qui mène la danse, il est important de jeter un œil aux capacités de défense des pays. L’armée ne se contente pas de protéger les frontières, elle permet aussi de peser sur la scène internationale. Dans ce panorama mondial complexe, le Global Firepower Index 2025 dresse le portrait des armées de la planète en mettant en avant les éléments qui font d’une force armée un acteur redoutable.
De quoi se compose vraiment une armée solide
Une armée performante repose sur plusieurs piliers. Le nombre de soldats est souvent le premier indice de force, mais celui-ci doit être soutenu par des budgets de défense conséquents pour entretenir et améliorer les moyens militaires. Sans oublier que les avancées technologiques permettent aux forces de s’imposer sur terre, dans les airs, en mer et même dans l’espace. Par ailleurs, la possession d’armes nucléaires reste un atout dissuasif pour bon nombre de nations.
Pouvoir agir sur tous ces terrains, c’est ce qui distingue une vraie puissance militaire. Chaque ingrédient participe à la capacité d’un pays à peser sur la scène internationale et à défendre ses intérêts.
Le classement des grandes armées selon Global Firepower 2025
Le Global Firepower Index 2025 dresse le classement des forces armées mondiales en prenant en compte des critères variés comme l’effectif, le budget alloué, le niveau technologique et la force nucléaire.
États-Unis : Le leader incontesté
Les États-Unis se hissent en tête grâce à un budget de défense qui avoisine les 900 milliards d’euros et un effectif de plus de 2 100 000 personnes, confirme Interesting Engineering. Avec 11 porte-avions nucléaires, une flotte d’avions furtifs et plus de 750 bases réparties aux quatre coins du globe, ils se démarquent également dans des domaines en pleine expansion comme la guerre par drones et les opérations spatiales.
Russie : La puissance nucléaire par excellence
La Russie, qui arrive en deuxième position, dispose du plus grand arsenal nucléaire au monde et mobilisation près de 3 500 000 personnels. Même si ses dépenses annuelles en défense s’élèvent à environ 126 milliards d’euros, elle investit lourdement dans les armes hypersoniques et compte sur une force significative en tanks et en artillerie.
Chine : Une modernisation à toute vitesse
La Chine, avec un budget défense avoisinant les 267 milliards d’euros et un effectif dépassant les 3 100 000, se place troisième dans le classement. Dotée de la plus grande marine en nombre de navires, elle mise aussi gros sur les technologies spatiales et l’intelligence artificielle pour challenger l’influence américaine dans la région indo-pacifique.
Inde : Une montée en puissance visible
L’Inde, quatrième du classement, déploie plus de 5 100 000 militaires actifs et consacre environ 75 milliards d’euros par an à sa défense. Le pays développe ses propres programmes, comme le chasseur Tejas, tout en gardant une position stratégique face aux tensions avec le Pakistan.
Corée du Sud : Une défense qui se modernise
La Corée du Sud occupe la cinquième place avec des dépenses de défense d’environ 46 milliards d’euros pour maintenir près de 3 800 000 militaires. Ses systèmes de défense antimissile dernier cri montrent bien qu’elle se tient prête face aux menaces venues du nord.
Royaume-Uni : Une influence qui reste forte
Avec environ 1 100 000 militaires (actifs et réservistes) et des dépenses avoisinant les 72 milliards d’euros, le Royaume-Uni arrive sixième. Le pays continue de peser à l’international grâce à ses sous-marins nucléaires et ses réseaux de renseignement bien rodés.
France : Le leader européen
La France se classe septième avec environ 376 000 militaires actifs et un budget de près de 55 milliards d’euros. Sa puissance militaire repose sur une triade nucléaire complète et la puissance de son porte-avions Charles de Gaulle, ce qui lui permet de conserver une place de choix en Europe, notamment en matière de défense aérienne.
Japon : La technologie en ligne de mire
Bien que sa Constitution impose certaines limites, le Japon (huitième du classement) investit environ 57 milliards d’euros afin de développer des technologies militaires de pointe, comme les chasseurs F-35 et les systèmes Aegis.
Turquie : Un acteur régional incontournable
La Turquie se positionne neuvième avec environ 883 000 militaires et un budget de défense estimé à environ 47 milliards d’euros. Sa présence régionale se renforce notamment grâce aux drones Bayraktar TB2.
Italie : Un pilier de la sécurité en Méditerranée
Enfin, l’Italie, qui se trouve en dixième position avec environ 289 000 militaires actifs et un budget avoisinant les 31 milliards d’euros, joue un rôle clé en Méditerranée grâce à ses deux porte-avions modernes.
Selon un rapport, sortir du programme de drone MALE européen « coûterait plus cher que sa poursuite »
par Laurent Lagneau
Proposé en 2013 par Airbus, Dassault Aviation et Leonardo, le projet de drone MALE [Moyenne Altitude Longue Endurance] européen, appelé EuroDrone, n’a pu être lancé qu’en février 2022, par l’intermédiaire de l’Organisation conjointe de coopération en matière d’armement [OCCAr] pour le compte de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et de l’Espagne. Et cela après de longues négociations, souvent houleuses, entre les pays clients et les industriels.
Sauf que, au moment où le projet EuroDrone prenait son envol, la Russie venait d’attaquer l’Ukraine tandis que la France s’apprêtait à mettre un terme à l’opération Barkhane.
En clair, un tel appareil n’est pas adapté à un engagement de haute intensité, sa masse de l’ordre de 10 tonnes et ses dimensions [26 mètres d’envergure, 17 mètres de longueur et 5 mètres de hauteur] le rendant vulnérable aux systèmes de défense aérienne adverses
D’où les doutes exprimés à son sujet, particulièrement en France. D’autant plus que des solutions plus abordables et plus légères sont en cours de développement, comme l’Enbata d’Aura Aéro et l’Aarok de Turgis & Gaillard.
Cela étant, l’EuroDrone aura quelques atouts indéniables. Censé voler pendant plus de quarante heures à à 45 000 pieds d’altitude et à la vitesse maximale de 500 km/h grâce à deux turbopropulseurs « Catalyst », il pourra emporter une charge utile de 2,3 tonnes [capteurs et munitions] et évoluer dans l’espace aérien européen.
Quoi qu’il en soit, en juin, alors ministre des Armées, Sébastien Lecornu, fit savoir qu’il avait demandé à l’état-major de l’armée de l’Air & de l’Espace [AAE] de réaliser une « analyse opérationnelle sur l’employabilité » de l’EuroDrone « lorsqu’il sera livré ». Et cela alors que quatre systèmes [soit douze drones] étaient déjà commandés et que la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30 prévoyait l’acquisition de deux unités supplémentaires.
Lors d’une récente audition au Sénat [le compte rendu vient d’être publié], le général Jérôme Bellanger, le chef d’état-major de l’armée de l’Air & de l’Espace [CEMAAE], s’est montré critique à l’égard de l’EuroDrone.
« C’est malheureusement le drone d’hier qu’on aura peut-être demain, puisqu’il a cinq ans de retard. Je dis à mes homologues : voyons ensemble les spécifications d’un drone moins gros et moins coûteux, se rapprochant des drones utilisés par les Russes et les Ukrainiens. Nous sommes moins allants que nos partenaires sur le sujet », a-t-il en effet confié aux sénateurs.
Pour le moment, aucune décision sur un éventuel retrait de la France de ce programme n’a été prise, la cible de six systèmes ayant été à nouveau confirmée dans les documents mis en annexe du projet de loi de finances 2026 [PLF 2026].
En outre, devant les députés, Emmanuel Chiva, qui a récemment quitté ses fonctions de Délégué général pour l’armement, a souligné que l’EuroDrone est conçu « pour un emploi dans une zone non contestée ». Et d’ajouter : « Là, on a un système qui est très grand, donc vulnérable, complexe et cher ». Pour autant, selon lui, la « question n’est pas de savoir si nous nous sommes fourvoyés mais comment on s’adapte au contexte des conflits actuels ».
A priori, quitter ce programme de drone MALE européen s’annonce difficile. D’une part parce qu’il a bénéficié de 100 millions d’euros de subventions provenant du Programme européen de développement industriel dans le domaine de la défense [PEDID], ce qui peut compliquer la donne, et, d’autre part, y renoncer coûterait bien plus cher que d’y rester. C’est en effet ce qu’a souligné le député François Cormier-Bouligeon, rapporteur du programme 146 « Équipement des forces – Dissuasion ».
Dans son avis budgétaire pour le PLF 2026, et après avoir rappelé les « tensions » entre la France et l’Allemagne, sur certains choix technologiques, le parlementaire explique en effet qu’une « sortie du programme coûterait désormais plus cher que sa poursuite ». Aussi recommande-t-il d’y maintenir la participation de la France. Et cela alors que l’EuroDrone vient de franchir avec succès l’étape de la revue critique de conception [CDR], laquelle ouvre la voie au premier vol d’un prototype.
Cela étant, alors que des « solutions nationales commencent à émerger », M. Cormier-Bouligeon estime qu’il serait « envisageable de maintenir la coopération européenne sur l’EuroDrone tout en diversifiant les modèles de drones MALE par des achats nationaux sur étagère ».
Les forces néerlandaises ont tenté d’abattre des drones inconnus au-dessus de la base à vocation nucléaire de Volkel
par Laurent Lagneau
Ces dernières semaines, des drones aériens d’origine inconnue ont survolé, à plusieurs reprises, des sites militaires en Belgique, dont la base aérienne de Kleine-Brogel, laquelle abrite des bombes nucléaires tactiques américaines B-61, dans le cadre du partage nucléaire de l’Otan.
Pour le ministre belge de la Défense, Theo Francken, il « ne s’agissait pas d’un simple survol mais d’une mission visant clairement Kleine-Brogel ». Et d’ajouter : « Un brouilleur de drone a été utilisé, mais sans succès [distance ? fréquence radio ?]. Un hélicoptère et des véhicules de police ont pris en chasse le drone, mais l’ont perdu après plusieurs kilomètres ».
Cela étant, cet incident n’a pas inquiété outre mesure les autorités militaires néerlandaises.
« Nous disposons de systèmes pour détecter les drones. […] Par ailleurs, la police et la Maréchaussée royale veillent au respect des zones d’exclusion aérienne, c’est-à-dire des zones où les drones sont interdits », a en effet assuré un porte-parole du ministère néerlandais de la Défense auprès du journal en ligne NU.nl, le 7 novembre dernier. « Les systèmes de détection de drones n’ont pas évolué de façon soudaine. Ils sont performants et l’ont toujours été. Nous assurons une surveillance continue, notamment au-dessus des aéroports et des bases aériennes », a-t-il insisté.
En outre, un porte-parole de la Maréchaussée royale a confié, à la même source, que les « signalements de drones en Belgique ne justifiaient pas un renforcement des procédures aux Pays-Bas ».
Seulement, le 6 novembre, un drone inconnu a survolé la base aérienne de Gilze-Rijen pendant plusieurs minutes. Repéré par les contrôleurs aériens, qui ont signalé un « potentiel acte d’espionnage », l’engin a pu repartir sans être inquiété. « Nous avons tenté de retracer son itinéraire, mais sans succès », a admis la Maréchaussée royale.
Pour rappel, les survols de drones en Belgique avaient commencé au début du mois d’octobre, avec un incident signalé au camp militaire d’Elsenborn-Butgenbach, proche de la frontière avec l’Allemagne. En ira-t-il de même au Pays-Bas ?
En tout cas, le 21 novembre, la base aérienne de Volkel, où sont stockées des armes nucléaires B-61 pouvant être emportées par des chasseurs bombardiers F-35A, a également reçu la visite de « plusieurs drones », entre 19 heures et 21 heures. Mais, là encore, s’ils ont été repérés, les mesures prises pour les neutraliser ont échoué.
« Les drones ont été observés par le personnel de sécurité. Des militaires de la force aérienne royale ont utilisé des armes depuis le sol pour les abattre. Les drones ont quitté les lieux et n’ont jamais été retrouvés », a en effet indiqué le ministère néerlandais de la Défense, via un communiqué.
« Suite à ce signalement, la Maréchaussée royale néerlandaise et la police ont été informées et mènent une enquête », a-t-il précisé.
Si une « opération d’espionnage » avait été évoquée par les autorités belges après le survol de la base de Kleine-Brogel, le ministère néerlandais de la Défense se veut plus prudent.
« Les raisons du survol des bases aériennes par les drones restent pour l’instant inconnues », a-t-il affirmé. « Pour des raisons de sécurité, nous ne communiquons aucune information supplémentaire sur la manière dont les drones ont été repérés ni sur les mesures prises », a-t-il conclu.
Pour rappel, en octobre, la base aérienne de Volkel a accueilli la dernière édition de Steadfast Noon, l’exercice annuel de dissuasion nucléaire de l’Otan.
Quoi qu’il en soit, vingt-quatre heures plus tard, l’aéroport d’Eindhoven a été contraint de suspendre ses opérations en raison de la présence de plusieurs drones inconnus dans ses approches.
« Le trafic aérien civil et militaire est donc suspendu. Les moyens antidrones de la Défense sont prêts à intervenir. La police et la Maréchaussée royale néerlandaise sont également sur place. L’enquête se poursuit et nous prendrons les mesures nécessaires », a commenté Ruben Brekelmans, le ministre néerlandais de la Défense, via le réseau social X.
L’aéroport d’Eindhoven a un usage civil et militaire. Il abrite notamment les C-130 Hercules et les Gulfstream de la force aérienne néerlandaise ainsi que les avions ravitailleurs A330 MRTT de l’Unité multinationale MRTT de l’Otan. Le Centre de coordination des mouvements en Europe [Movement Coordination Centre Europe, MCCE] et le Commandement européen du transport aérien [EATC] y sont implantés.
Vers nouveau service militaire, volontaire, de dix mois
par Ph. CHAPLEAU
Le 13 juillet, lors de sa déclaration aux armées, à la veille du défilé sur les Champs-Élysées, Emmanuel Macron s’était engagé à donner à l’automne « un nouveau cap à la jeunesse pour servir dans nos armées ». Le rendez-vous annoncé aura bien lieu, peut-être dès la fin de cette semaine. Probablement le jeudi 27 novembre 2025, lors d’un déplacement à Varces, croit savoir La Tribune. Une date que n’a pas confirmée Alice Rufo, la ministre déléguée aux Armées, invitée de Franceinfo dimanche.
Après l’échec du Service National Universel et dans un contexte de très fortes tensions mondiales, le chef de l’État veut mettre en place un service militaire volontaire de dix mois, dès 2026. Il serait ouvert aux garçons et aux filles de dix-huit ans, et serait rémunéré entre 900 et 1 000 € par mois. Un montant que ne confirme pas Alice Rufo, précisant « qu’il reviendra au Président de le préciser ». Pour ne pas pénaliser les bacheliers, des crédits ECTS (European Credit Transfer and Accumulation System) leur seront octroyés, leur permettant d’obtenir des équivalences en études supérieures.
L’objectif affiché par l’Élysée, toujours selon La Tribune, est de séduire 3 000 jeunes la première année et 10 000 les années suivantes, pour atteindre les 50 000 en 2035. Une formation militaire sera au programme de ce service nouvelle mouture, la précédente version (obligatoire) ayant été suspendue en octobre 1997. Au cours de cette découverte des métiers de la défense, les volontaires n’iront bien sûr pas en opération extérieure. Il leur sera, par contre, possible d’intégrer l’opération Sentinelle luttant contre le terrorisme.
« Préparer les armées »
En mai dernier, le haut-commissaire au Plan, Clément Beaune, avait calculé que le rétablissement du service militaire obligatoire représenterait un coût annuel de 15 milliards. La France n’en a pas les moyens. D’où cette idée de volontariat, se greffant à une augmentation des effectifs de la réserve opérationnelle. Ce service militaire 2026 coûterait 400 millions par an pour 10 000 jeunes et deux milliards annuels pour 50 000. Rien n’a été précisé sur l’encadrement de ces jeunes et le rôle joué par les forces d’active d’une part et les réservistes d’autre part.
Mardi dernier, au Congrès des maires à Paris, face à la menace russe, le chef d’état-major des armées, le général Fabien Mandon, avait surpris en expliquant que la France doit « accepter de perdre ses enfants ». Depuis, il s’en est expliqué. « Mon rôle est de préparer les armées pour protéger les Français, et d’alerter face aux dangers se profilant, » insiste le CEMA. Un discours que pourrait aussi tenir Emmanuel Macron cette semaine.
Après l’Allemagne et la Belgique En Allemagne, le gouvernement allemand a entériné en novembre 2024 un nouveau dispositif pour inciter les jeunes à effectuer une formation militaire. Discuté par les deux chambres du Parlement (le Bundestag et le Bundesrat), ce « service » nouvelle formule devait entrer en vigueur au printemps 2025 mais il est actuellement un peu dans l’ornière En Belgique, la Défense a relancé l’idée d’un service militaire volontaire. La semaine dernière, la Défense a envoyé des lettres aux jeunes de 17 ans, les informant des conditions pour s’engager pendant une année dans le cadre d’un service militaire volontaire. La lettre stipule un salaire attrayant, plus de 2000 euros nets par mois, « Les jeunes vont toucher 2118 euros nets minimum », selon le major Guillaume Van Eylen, officier aux ressources humaines de la Défense, cité par RTL Info.
Sans virus.www.avast.com
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Jean-Luc RICHARD
Président UNP 062 – Cannes et Environs