SIGNIFICATION DES COULEURS DU DRAPEAU FRANCAIS – FETE DE LA NATION LE 14 JUILLET
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A force de vouloir faire du 14 Juillet la vitrine de toutes les bonnes intentions du moment, on en oublierait presque l’essentiel. Cette journée n’est ni un sommet diplomatique, ni un forum sur la défense européenne, ni une tribune de soutien à telle ou telle cause internationale. Elle n’est pas davantage un concours de commentaires inspirés. Elle est d’abord la fête de la Nation. Et son défilé militaire est, avant tout, la fête de ses armées. Que des alliés soient présents relève de la tradition. Qu’ils soient mis à l’honneur lorsque les circonstances l’exigent va de soi. Mais il ne faudrait pas que les commentaires du défilé laissent entendre que les héros du jour sont ailleurs. Le 14 Juillet n’est ni bleu étoilé, ni jaune et bleu. Il est bleu, blanc, rouge. Bleu, d’abord : la couleur de la Gloire. Le bleu de nos uniformes, de nos mers et de notre ciel, mais surtout celui de l’excellence opérationnelle. Depuis des mois, nos armées multiplient les déploiements, parfois dans l’urgence, souvent dans des environnements contestés, toujours sous des menaces diverses, quelquefois à quelques instants d’un engagement réel. Elles tiennent leur rang avec une compétence et une efficacité unanimement saluées. A ceux qui découvrent aujourd’hui le retour des rapports de force, nos militaires pourraient rappeler une vérité ancienne : la paix ne se décrète pas, elle se garantit. Les communiqués y contribuent parfois ; les capacités opérationnelles, bien davantage. La paix se préserve par la crédibilité des forces qui la défendent. Blanc, ensuite : la couleur de l’honneur. Le blanc du panache, du service et de l’exigence. Celui de ces femmes et de ces hommes profondément engagés, qui ont choisi un métier où le mot « engagement » n’est pas un slogan de recrutement, mais une réalité quotidienne. Derrière quelques minutes de défilé parfaitement cadencé se cachent des milliers d’heures d’entraînement, de préparation, de maintenance et de permanence opérationnelle. S’y exprime un engagement collectif qui ne connaît ni les week-ends ni les jours fériés. Rouge, enfin : la couleur du sacrifice. Le rouge du sang versé, des blessures visibles ou invisibles, des épreuves consenties. D’abord celui de nos morts et de nos blessés, que nous honorons avec une gravité particulière. Celui aussi des familles, qui acceptent les absences, les départs imprévus et les retours différés. Celui, enfin, de ceux qui, pendant que les Champs-Elysées applaudissent, seront en mission, navigueront en mer, patrouilleront dans le ciel ou serviront loin de chez eux. Pour eux, le 14 Juillet n’est pas un spectacle : il est le symbole de la confiance que la Nation place dans ses armées. Le thème retenu cette année évoque le « réveil stratégique de l’Europe ». Soit. Mais l’Europe ne se réveillera durablement que si chacune des nations qui la composent demeure forte, lucide et déterminée. Encore faudrait-il qu’il ne s’agisse pas d’un réveil dont chacun repousse la sonnerie. Les armées françaises, elles, n’ont pas attendu les effets de mode géopolitiques pour répondre présentes à l’appel de l’Histoire. Il serait temps que ce réveil stratégique trouve sa traduction concrète dans les choix budgétaires actuellement débattus au Parlement. Le 14 Juillet rappelle une vérité simple, qu’il n’est jamais inutile de redire clairement : une armée sert d’abord un pays avant de servir un concept. Alors, en ce 14 Juillet, applaudissons nos alliés. Respectons nos partenaires. Mais n’oublions jamais ceux que ce défilé célèbre avant tout : les soldats, marins, aviateurs, gendarmes et personnels civils de la défense qui servent la France. Parce que, ce jour-là plus que tout autre, les trois couleurs ne sont pas une décoration. Elles sont une raison de servir. Elles peuvent être une raison de mourir. VAE (2s) Xavier Païtard |